DES NOUVELLES DE VALENCIA
Chez le glacier, ils proposent un goût GALLETA DE LOTUS. Tu peux pas dire GOÛT SPECULOOS comme tout le monde, hermano ?
Je débarque durant les Fallas, quasi tout un mois de fêtes populaires partout en ville. Au départ, c’était une coutume des charpentiers qui, pour célébrer l'arrivée du printemps, brûlaient le bois qui avait servi tout l’hiver. La version moderne, ce sont des magnifiques statues colorées qui ornent toute la ville et qui, le dernier jour, sont brûlées dans un feu de joie qui embrase toute la ville.

Tout cela serait merveilleusement délicieux à vivre si ce n’était précédé par 15 jours durant lesquels le TOUT TOUT GROS FUN c’est de faire éclater des pétards. Partout, tout le temps, jour et nuit. Après 2 ou 3 jours, on a juste envie de dire « bon, OK, c’est marrant 5 minutes mais maintenant on va arrêter là, les enfants ? » Mais ici non : H24 pendant 15 jours. Tous les jours à 14h, il y a une mascleta, un feu d’artifice de jour, où l’objectif est de faire le plus de bruit possible pendant 5 minutes. Inutile de préciser que l’objectif est atteint. Il est même recommandé d’assister à cette pétarade avec la bouche ouverte, pour éviter de se boucher les oreilles.
Il y a donc plein de Valenciens qui se tirent d’ici pendant les Fallas pour protéger leurs tympans et leurs nerfs. Mais ce n’est pas tout. Les oiseaux eux aussi — ces lâches ! — fuient la ville. Les agriculteurs de la région affirment que les destructions de récolte du fait de hordes d’oiseaux affamés ont lieu pendant les deux semaines pétaradantes, exode oblige.
Le mot de vocabulaire du jour pour terminer ce chapitre festif : petarderia (boutique de pétards). Il y en a partout.
Visiblement les concepteurs des églises ne savaient pas épeler le mot "épure". Et donc ils en ont remis des tonnes de couches, pour être sûrs que la communication divine passe très clairement. Quelque part entre un gâteau de mariage mexicain et le fan club du facteur Cheval.
La ville est un champ de mines : il y a une pâtisserie tous les trois mètres. Et, évidemment, chaque fois que je goûte un truc, c'est excellent ! Pour l'instant la palme de la calorie est remportée par une crèpe de massepain cuit, nappée de trois kilos d'amandes.
Dans une église, un confesseur me scrute fixement. “Viendra ? viendra pas ?” se demande-t-il. Bon sang, il sait que je viens de boulotter une crèpe de massepain cuit, nappée de trois kilos d'amandes !
Valencia est souvent citée comme étant l’une des villes européennes où la vie est la plus douce. Ce qui est strictement exact (c’est mon troisième séjour). La ville est splendide, on y mange bien, il y a la plage, l’offre culturelle et touristique est tout à fait décente. Résultat : les digital nomads ont débarqué par camions, se sont mis à l’espagnol et le centre-ville est en train, doucement mais sûrement, de suivre le même chemin que Barcelone et Lisbonne. Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle.
Dans l’histoire récente de Valencia, il y a cette tentative de coup d’état destiné à réinstaller un pouvoir militaire. Ce relent tardif du franquisme date de 1981 et il y a quand même eu des chars dans la rue. Bon, ça n’a duré que quelques heures. Nom de code de cette opération : 23-F (car survenue le 23 février).
C'est très exotique, les orangers sur les places publiques, gorgés de fruits. Question : à qui appartiennent ces oranges ? Est-ce qu'on peut se servir ?
Amusant de chercher, en Espagne, ce que signifie l’expression « (construire) des châteaux en Espagne ». Apparemment, il y a deux explications :
1. L’Espagne subissait les invasions régulières des Maures et autres peuplades venues du Sud. Pour leur compliquer la tâche en cas de retraite et les empêcher de se réfugier dans les châteaux, eh bien le pays les avait tous détruits.
2. Quelque chose d’inaccessible, d’inatteignable, d’invisible. Cette version étant totalement compatible avec la précédente.
Il y a des variantes dont je me resservirai peut-être un jour : châteaux de Brie, châteaux en Asie, châteaux au Caire…
Autant le vieux Berlinois aime bien la moustache, autant le senior Valencien adore la queue de cheval.
Il m’est arrivé un truc un peu freaky. J’étais au restaurant avec A. Et derrière nous il y avait un autre couple, visiblement francophones (un père et sa fille à mon avis). J’avais ce couple dans mon champ de vision. Soudain, je vois qu’il montre son téléphone à sa fille. Et sur son téléphone j’ai vu ceci :
Et puis, deux minutes plus tard, une autre photo de moi, également trouvée sur internet. J’étais tellement pétrifié que je n’ai rien dit ni n’ai rien fait, on a terminé de manger, on est sortis… et c’est la fin de l’histoire. Mais bon, c’était quand même un peu glauque comme sensation.
Les oursins sont appelés ici des « hérissons de mer ». Beaucoup plus logique.
C'est marrant : ici la journée ne se passe pas de la même manière. Il est totalement inconcevable de prendre un lunchbreak vers 13h comme chez nous. Par contre, au beau milieu de la matinée (entre 9.30 et 11) ils prennent le esmorçaet (en valencien). Un bon sandwich bien chargé qui nourrirait une école entière. Avec, en accompagnement, une petite... bière ou du vin ! Un concept similaire au brunch mais avec de la bibine en plus. Le soir, si tu te pointes au resto avant 21.30, on te regardera avec inquiétude. Genre "¡ get a life, hombre!"
Mon enquête sur les oranges dans les parcs publics progresse. Je ne sais pas encore à qui elles appartiennent. Par contre, je sais de source sûre qu'elles sont tellement acides qu'elles sont immangeables. Ce qui règle sans doute la question de savoir si on peut les cueillir. La réponse est sans doute qu'on peut, mais que personne ne le fait vu qu'elles sont dégueu. Encore une énigme résolue par le commissaire divisionnaire Tinlot.
Je vais passer un long moment à la Cathédrale de Valence, spectaculaire, avec un musée et énormément de... tiens, une femme enceinte... énormément de joyaux artist... tiens, la même femme enceinte qu’il y a deux minutes... bon, où j’en étais moi ? RAAAAAH MAIS C’EST PAS VRAI elle repasse pour la 3e fois, au pas de course, toujours dans le même sens... Explication : Notre-Dame du Bon Accouchement est très populaire ici. Pour bénéficier d’un accouchement garanti zéro souci, il suffit, dit la légende, de venir faire neuf fois le tour de la cathédrale. Et elles sont effectivement plusieurs futures mamans à effectuer leur chemin de croix au pas de course. Même qu’elles entrent gratos si elles viennent pour cela. Sinon c’est payant. Moralité : venez faire vos enfants à Valence. Tout se passera bien. Et vous épargnerez 5 euros.

Voilà quelques impressions vite fait de mon mini-séjour ici. Dans quelques semaines, j’entame du lourd : un mois entier à Hanoi. Et donc, j’apprends le vietnamien. #JeNemPeurDeRien #ComplètementAl’Est
🙏❤️🔥
Toujours très intéressant et amusant